Exposition "De Carnot à Dothémare"

A l'occasion de l'inauguration du rectorat en mai 2016, une exposition retraçant l’histoire de l’administration de l’École en Guadeloupe à travers les différents sites occupés depuis 1895 a été réalisée.

Une évolution au fil du temps : Des 4 bureaux au Lycée Carnot au nouveau bâtiment de plus de 6000 m² à Dothémare aux Abymes... Une rétrospective de 1895 à 2015, illustrée par des « télex », des notes, des photographies et des plans, qui permettent de voir les changements statutaires et structurels de cette administration...

LES DÉBUTS A POINTE-A-PITRE

Le service colonial de l’instruction publique

À partir de 1880, l’administration de la colonie et le conseil général organisent l’instruction publique en Guadeloupe, au sein de l’Administration de l’Intérieur, sous l’autorité du Gouverneur. Par le décret du 24 juillet 1895, le service de l’instruction publique est confié au proviseur du Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre qui devient chef du service et exerce les attributions dévolues au recteur en France.

En 1901, cette petite administration, logée dans quatre salles du lycée Carnot, gère 249 institutrices et instituteurs, pour 10 419 élèves. L’enseignement secondaire est encore moins développé, puisqu’on ne compte que 32 candidats au baccalauréat de 1925, tous réunis dans une seule salle du lycée Carnot !

Le vice-rectorat

27 juin 1947 : le décret n° 47-1287 du président du conseil Paul RAMADIER porte création des vice-rectorats de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique (académie de Bordeaux) et de la Réunion (académie d’Aix). Cependant, ce changement de statut est insuffisant au regard de l’augmentation du nombre d’élèves, marqueur d’une démocratisation de l’accès aux études. Les services doivent y faire face malgré une situation matérielle dégradée, comme le déplore le vice-recteur J. CHAMBON en 1958. Pour y remédier, deux immeubles, sis rue Peynier et rue Achille-René Boisneuf, seront affectés au vice-rectorat, en attendant mieux.

L’assainissement, ou la modernité

Un nouveau bâtiment

A partir de 1960 des études sont menées pour installer l’administration dans des bâtiments plus spacieux. Le choix se porte sur le quartier de l’Assainissement à Pointe-à-Pitre, promis à de grands projets de modernisation urbaine. Le vice-rectorat sera l’un des premiers bâtiments publics construits dans ce mouvement d’extension de la ville vers le nord.

Gilbert AMARIAS, architecte départemental de 1956 à 1963, natif du Moule, est chargé du projet. A partir des prévisions d’effectifs, il conçoit le bâtiment pour un total d’environ 130 personnes. Le terrain est cédé par la mairie à l’État en 1965, et la construction de l’immeuble commence immédiatement, à l’angle des rues René Wachter et Félix Éboué. Les personnels y entrent en 1968.

L’académie des Antilles et de la Guyane

La création de l’académie des Antilles et de la Guyane, par décret du 31 août 1973, apporte quelques changements : les enseignants du second degré sont gérés depuis la Martinique et non plus à Bordeaux, et le vice-rectorat devient Inspection académique. Le vice-recteur, Edmond BAMBUCK, est autorisé à conserver ce titre, mais il sera le dernier…

En 1980, le bâtiment de l’Assainissement montre déjà des limites. Suite à l’insuffisance des crédits de rénovation des systèmes électriques et de climatisation, les conditions de travail deviennent difficiles.

Une naissance dans la lutte

En 1996, la Guyane s’agite : les élèves, les parents et les personnels réclament la création d’un rectorat. Le fonctionnement de l’académie des Antilles et de la Guyane s’est avéré trop lourd, la gestion centralisée à Fort-de-France trop éloignée des enjeux locaux. L’écho de cette revendication résonne en Guadeloupe, où elle fait consensus parmi les syndicats et les élus. Tous réclament désormais un « rectorat de plein exercice », que concèdera le Premier ministre Alain JUPPÉ, par décret 96-1147 du 26 décembre 1996.

Jean-Pierre CHARDON est placé à la tête de l’académie de la Guadeloupe et entame sa carrière de recteur dans le « Cube » à Grand-Camp. Ce bâtiment, qui n’héberge que la direction, sera le théâtre de l’agitation et des batailles marquantes des premiers mois d’existence de l’académie de la Guadeloupe.

Un rectorat éclaté entre plusieurs sites

Suite à la création mouvementée de l’académie de Guadeloupe, la croissance de l’administration se fait à un rythme soutenu. Les nouvelles missions telles que l’organisation du baccalauréat ou la gestion des personnels non-enseignants, nécessitent le recrutement d’agents supplémentaires, et la location de nouveaux bâtiments. Celui de Grand-Camp, construit spécifiquement pour accueillir une partie des services académiques, est investi en 1999. La même année, s’ajoute le site de Jarry. Cependant, il faudra encore une extension de l’immeuble de Grand-Camp en 2002, pour que les services se trouvent installés de façon plus satisfaisante.

C’est à cette même période que le rectorat commence à trouver un fonctionnement plus régulier, avec notamment l’adoption du premier projet académique, triennal, en 1999. Les années suivantes seront celles d’une évolution résolue vers le rectorat de plein exercice tant réclamé, patiemment construit.

dothemare, un rectorat unifie

La consolidation des services académiques doit se traduire par leur rassemblement en un seul site. En effet, la dispersion géographique comporte de nombreuses contraintes de fonctionnement, de coordination et de communication.

Dès 2000, le ministère de l’éducation nationale donne un accord de principe au projet de construction d’un rectorat, et les consultations et recherches sont immédiatement lancées. L’idée d’une installation à Baie-Mahault, ou encore d’un agrandissement du bâtiment de l’Assainissement sont finalement abandonnées, au profit d’une nouvelle construction à Dothémare, aux Abymes.

En 2007, le recteur d’académie, Alain MIOSSEC, signe l’acte de vente du terrain. En 2010, son successeur, Stephan MARTENS, pose la première pierre du futur rectorat, en présence du préfet de région et des personnels ayant participé à l’élaboration du programme.

La construction débute en novembre 2013, pour un coût total de 18 000 000 d’euros. En juin 2015, le recteur d’académie, Camille GALAP, reçoit symboliquement la clef du rectorat.  En août 2015, 300 personnels font progressivement leur entrée dans les nouveaux bureaux.

En plus d’offrir un cadre de travail renouvelé, ce bâtiment satisfait aux exigences de performance énergétique et de respect de l’environnement, alliées à une recherche d’une harmonie  esthétique, fonctionnelle et technique.

 

 

Conception : François BONNEAU, archiviste, Fabienne CONDO, directrice de la communication, Véronique COUCHI, chargée de mission académique, Pascal FORESTIER, professeur d’Histoire et de Géographie - Réalisation/infographie : Célia CELMAR, stagiaire, Didier FABIUS, webdesigner

Mise à jour : février 2022