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L'économie solidaire expliquée aux collégiens

Les élèves de la 4e Pineau, suivis par Mme Edom, professeure de Lettres au collège Aurélie Lambourde, ont pu découvrir un aspect méconnu d’eux du fonctionnement du monde de l’entreprise. Murielle Toto, administratrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire des îles de Guadeloupe leur a en effet expliqué le concept de l’ESS (économie sociale et solidaire), leur permettant ainsi de porter un peu plus loin leur regard et par-là même les encourageant à maintenir leur motivation.

 

L’explication de Murielle Toto a commencé par un portrait général de l’existant économique en Guadeloupe. « Le territoire dispose de plusieurs chambres, chacune dédiée à un secteur. Ces chambres sont en fait des fédérations qui regroupent des entreprises qui relèvent de leur compétence. Celle dont je suis administratrice est la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS des îles de Guadeloupe). Mais qu’est-ce que l’économie ? » Spontanément quelques élèves répondent : « C’est ce qui touche à l’argent ». « Non, tranche Mme Toto. C’est l’ensemble des entreprises qui produisent des biens et des services qui créent de l’emploi. Prises dans leur globalité, on les appelle « tissu économique ».  L’économie, c’est aussi les industries, très nombreuses en Guadeloupe même si les petites unités sont difficilement pérennes par manque de formation des dirigeants, qui produisent beaucoup de choses en petites quantités (café, cacao, rhum, sucre, banane, manioc, électricité, etc.). En bref, l’économie, c’est le monde où l’on vend et où l’on achète, où l’on produit et où l’on crée des valeurs et notamment qui paient des charges, des salaires, etc... Le secteur du social, quant à lui, place l’humain au cœur de ses activités. Il permet d’apporter un soutien à une frange de la population qui en a besoin. Les organismes les plus connus sont la CAF, la sécurité sociale, les mutuelles et les assurances. Le financement de ces aides est réalisé grâce au travail des salariés : du salaire brut, on retire des charges qui serviront à payer une partie du social, et on verse un salaire net sur lequel sont prélevés les impôts, moins important que le brut. Les impôts contribuent aux actions sociales des organismes sociaux. Enfin, être solidaire, c’est aider l’autre à avancer, c’est donc avancer ensemble. En Guadeloupe, il y avait une belle tradition de solidarité (les koudmen ; Yonn a lòt, …). Avec la vie moderne, elle tend à disparaître mais, pour l’instant, elle perdure malgré tout.

Alors, finalement, l’ESS, c’est le monde de l’entreprise qui décide de s’orienter vers autre chose que l’enrichissement d’actionnaires, c’est-à-dire un espace où le choix est fait de partager les bénéfices de l’entreprise avec les salariés qui participent au développement de l’activité économique de l’entreprise. Murielle Toto revient sur sa propre expérience pour mieux illustrer ses propos. « Personnellement, je m’occupe d’une SIAE (Structure d’insertion par l’activité économique) qui est d’ailleurs membre à la CRESS des îles de Guadeloupe. Notre mission est d’embaucher et d’accompagner les personnes en recherche d’emploi tout en les aidant à régler les difficultés sociales et professionnelles qu’elles rencontrent. Notre activité entre dans l’offre de services publics de l’emploi. Nous fournissons des heures de main d’œuvre de nos salariés à nos partenaires entreprises engagées à nos côtés ». Pour conclure, les élèves retiendront que l’ESS permet l’enrichissement des salariés aussi, et pas seulement du chef d’entreprise.

Cette séance de travail, riche, a permis aux élèves de se rendre compte qu’il existe de nombreux points inconnus d’eux dans le monde du travail. « Grâce à cette intervention, j’ai découvert de nouvelles notions et ça m’a donné envie d’en savoir plus. Je vais faire des recherches sur Internet pour en apprendre encore sur le sujet » affirme Marie-Eve. « Je ne savais pas d’où venaient les aides sociales et ça m’a beaucoup intéressée. Je me suis rendue compte que les gens ne travaillaient pas que pour eux, pas pour rien » explique Naïka. « Je m’étais déjà posé des questions sur ce que l’on fait avec les impôts, ou comment est financée la carte vitale par exemple. J’ai trouvé ce sujet passionnant et je vais creuser » s’enthousiasme Yann. « Cette matinée prouve, s’il en est encore besoin, que les élèves sont très intéressés par leur environnement. Malheureusement, ces interventions sont encore trop rares, la connexion entre l’école et l’extérieur peu développée, si bien que beaucoup de concepts leur restent opaques ».

Mme Edom, grâce à cette intervention, a atteint ses objectifs : encourager ses élèves à être curieux de ce qui les entoure, à rester motivés et mobilisés. C’est par le truchement de l’ESPER (Economie sociale partenaire de l’école de la République), qui fait le lien entre le milieu scolaire et le milieu entrepreneurial, que Murielle Toto a pu œuvrer dans cette classe.

Stéphanie TOLLET, professeure documentaliste