Calendrier des vacances scolaires

"Chalè an lékol Ludger Marie"

Dans la continuité de son projet d’école « Un mois, un artiste », qui consiste à faire découvrir des domaines artistiques à travers des artistes aux élèves, l’école Ludger Marie a accueilli le groupe 440 pour un concert live en mai dernier. Les rythmes caribéens ont fait vibrer la communauté scolaire tout l’après-midi !<--break->

Il est tout juste 14h quand les premières notes de musique retentissent enfin dans la cour. Les enfants, impatients, ont eu du mal à faire silence. En effet, ce n’est pas si courant d’assister à un concert en live dans le cadre scolaire.

Autour et derrière eux, l’ensemble du personnel de l’école (enseignantes mais aussi personnel communal, animatrices du CLAE, personnel en service civique…) et quelques parents révisent le texte d’un morceau de la Compagnie Créole (Epi ki alò) qu’ils devront entonner plus tard avec le groupe. Alors, après les présentations, place à la joie et à la fête.

Pour cette prestation, les musiciens de 440 ont pris le parti de ne jouer que des morceaux  connus de tous afin de favoriser l’interactivité. Matété a krab de Jomimi ouvre le bal suivi de Manman voyé lékol que les maîtresses ont répété avec les élèves. Les « Taw la ka taw » mettent le feu à la cour de récréation. La chanson d’amour Hommage à Rose-Marie écrite par Henri Debbs vient à point nommé pour calmer les jeunes esprits. Puis, Mme Goubin, la maîtresse des petite et moyenne sections de maternelle, vient gratifier le public d’un duo avec Joël Laurent, le chanteur du groupe 440, en interprétant avec lui un morceau de Malavoi, Roro Marotte, qui raconte l’histoire de quelqu’un qui avait d’énormes possibilités mais qui a mal tourné.

Très fiers de leur enseignante, les enfants s’appliquent ensuite pour l’incontournable Lari Zabim, avant de découvrir leurs parents et enseignantes dans le rôle de chœur pour Mwen domi déwò de Super Combo et pour la chanson Epi ki alò que tous ont travaillée. Après deux prestations offertes par les élèves au groupe (Jadèn kréyòl pour les CP/CE1 et Je connais un jardinier pour le cycle 3), il est déjà l’heure de se séparer au son de Ba mwen on tibo. Comme le disait Saint-Eloi, « Misik sé lavi, misik sé lanmou », rappelle le chanteur au nom du groupe, touché par l’ambiance et par la remise des cadeaux que les enfants ont confectionné aux artistes pour les remercier de s’être déplacés. « Aujourd’hui, nos enfants écoutent toutes sortes de musique et se détournent de nos morceaux traditionnels » regrette Corinne Deloumeaux, maman d’un élève de CM2.

Cette prestation, qui nous a donné l’occasion d’entendre des biguines, gwoka et autres zouk, est donc une façon originale de faire revivre la tradition. Les enfants ont été préparés par les enseignantes et étaient impatients de vivre ce moment. Et en tant que parents, nous saluons le côté « école ouverte » qui nous permet de vivre en compagnie de nos enfants et de l’ensemble de la communauté scolaire un instant de partage qui deviendra un support de souvenir et de culture ».

« C’est vrai que le projet « Un mois, un artiste » demande beaucoup d’organisation et d’investissement de la part des enseignants mais plus on avance dedans, plus les enfants (et même les maîtresses) se montrent curieux de découvrir différents domaines artistiques. Les livres documentaires sur l’art sont plus fréquemment consultés qu’avant par exemple. L’autre aspect du projet est le côté fédérateur avec les familles. En vivant ensemble ces bons moments, en construisant ensemble autour et avec l’enfant, nous développons une relation de bienveillance qui joue vraiment à l’apaisement du climat scolaire. Cet après-midi, deux papas étaient dans le groupe 440, une façon de mettre en lumière des parents qui ne vont pas forcément aisément vers l’école » conclut Valérie Duloir, directrice de l’école Ludger Marie.

Stéphanie TOLLET