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« Parcours individualisés », une main tendue vers les élèves en décrochage scolaire

Au lycée professionnel Gerty Archimède de Morne à l’Eau, l’action baptisée "Parcours individualisés : nous sommes tous acteurs de notre réussite" est menée depuis 6 ans. Elle est coordonnée par Astrid Désirée, professeure, en tant et référente "Décrochage scolaire" et mobilise d’importants moyens humains, financés par le FSE (Fonds social européen) et par la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS)  du rectorat, pour accompagner ce public fragile.

Ainsi, des intervenants extérieurs animent des ateliers en lien avec leurs compétences (Véronique Barbier, sophrologue ; Harry Kancel, metteur en scène ; Serge Dorville, karatéoka ; Marie-Chantal André, coordonnatrice MLDS du bassin Nord Grande-Terre, pour la socialisation) tandis que certains membres de la communauté scolaire (enseignants, assistants d’éducation, professeur documentaliste), volontaires, travaillent de leur côté en tutorat la lecture caribéenne, le soutien en lecture ou encore la prise en charge des élèves allophones.

Pour les jeunes concernés, le parcours mis en place leur permet d’être pris en considération de façon individuelle, d’établir une relation privilégiée avec les intervenants et de découvrir des activités nouvelles propices à l'apprentissage et au bien-être tandis que les intervenants, eux, établissent par ce biais une relation de confiance avec les bénéficiaires leur permettant de les voir d’un autre œil et de penser, concevoir et mettre en œuvre des animations de façon originale et constructive. Mais laissons-leur la parole…

 

Ils témoignent...

Lex Manes Louis, 2nde année de CAP béton armé, bénéficie de l’atelier « théâtre / improvisation » animé par Harry Kancel : «  J’aime le théâtre. J’en avais déjà fait au collège. Alors quand les professeurs m’ont proposé l’atelier, j’ai tout de suite dit oui. Là, nous travaillons une scène qui parle de Gerty Archimède et qui sera jouée en fin d’année. Nous faisons des exercices de respiration, d’occupation de l’espace, nous travaillons la voix et les sentiments avant de passer aux choses sérieuses. Grâce à ces deux heures par semaine, je sens que je deviens quelqu’un de mieux. Je mémorise mieux, je parle mieux, j’ai plus confiance en moi. Tout cela joue dans ma progression scolaire ».

Giovani Nicolao, 2nde « gros-œuvre » : « Je suis inscrit au karatéoka depuis un an et je commence tout juste la sophrologie. Je ne connaissais pas le karaté, je pratiquais le basquet. Personnellement, je préfère le ka au karaté. Même si j’écoute plus du moderne, j’aime cette sonorité que je découvre dans cet atelier. Cela me permet de travailler l’attention et la concentration, en lien direct avec les compétences scolaires ».

Grégory Cadet, Terminale « gros-œuvre » : « Je vais à l’atelier de lecture caribéenne depuis deux ans et en sophrologie depuis cette année. C’est mon tuteur qui m’a proposé l’atelier de lecture. On lit des extraits d’œuvres en français ou dans un créole francisé qui parlent de la Caraïbe et de nous. On y découvre des figures de style, comme les métaphores ou les personnifications. Depuis, je lis plus, ça m’aide beaucoup. J’ai enrichi mon vocabulaire et ma culture générale, je suis plus à l’aise en étude de textes. Maintenant, je suis capable, par exemple, de donner une suite à un récit. Quand j’irai suivre mon BTS gros-œuvre à Basse-Terre, je continuerai à lire ».

Gilles Magunar, Terminale « gros-œuvre » : « La sophrologie est une découverte très positive selon moi. Ca m’aide dans beaucoup de choses, comme les devoirs, les examens… On y perfectionne la concentration, la gestion du stress, la motivation, on se relaxe, on apprend à mieux respirer. Comme je fais de la boxe française en club au Moule, ça vient en complément du sport. J’aimerais acquérir une certaine autonomie dans les techniques de sophrologie pour pouvoir continuer seul l’an prochain. Cela m’a donné plus confiance en moi ».

Nathan Bardeur, 2nde système numérique : « Je suis dans un dispositif de tutorat. Ma tutrice me prend en charge pour savoir ce qui se passe dans les cours, comment gérer mon travail et m’aider en cas de problème. Elle explore avec moi le monde scolaire mais aussi le monde personnel (en lien avec mes difficultés scolaires). Nos rencontres sont informelles, selon les besoins. Depuis qu’elle m’aide, je me sens plus efficace, je perds moins de temps, mes notes et ma confiance en moi augmentent. Je pense poursuivre ce tutorat l’an prochain ».

Eliette Noslen, assistante d’éducation et enseignante, anime l’atelier « Lecture caribéenne ». « Une journée par semaine, je m’occupe d’une vingtaine d’élèves allophones de toutes origines (haïtiens, dominicains, dominicais…). Sinon, je vois également les élèves dans un atelier de « lecture caribéenne » à raison de 2 heures tous les quinze jours. Je commence par un test de positionnement pour connaître leur niveau en français (outils de la langue et compréhension). Puis j’organise chaque session avec une heure de cours et une heure d’application ludique. Parfois, je fais venir des intervenants extérieurs, comme des slameurs. Pour moi, cette expérience est très positive car elle m’enrichit au niveau de ma pratique en me poussant à plus de patience, plus d’adaptabilité, plus de réactivité ».

Stéphanie S., assistante d’éducation : « En tant que tutrice d’un élève de Terminale, je me positionne comme un relais. Ensemble, on reprend les notions mal comprises, l’organisation. Il est volontaire malgré ses difficultés ce qui fait que, petit à petit, on progresse. Personnellement, je suis ravie de pouvoir apporter mon aide, d’avoir une place active dans mon travail. Cela m’ouvre des perspectives professionnelles, comme par exemple, de devenir enseignante à mon tour

Marie-Chantal André, coordonnatrice MLDS du bassin Nord Grande-Terre : « Je propose un atelier de socialisation  au lycée Gerty Archimède depuis huit ans qui a pour but de former les élèves à l’esprit critique et à la citoyenneté afin de les aider à prendre leur place dans la société. Cette année, une trentaine de jeunes y participent. J’utilise tous types de supports (films, reportages, venue de partenaires comme des chefs d’entreprise, des ainés…). Au fil du temps, l’équipe et moi constatons une évolution positive en termes de comportement en classe, dans l’établissement mais aussi en-dehors, et une amélioration de l’estime de soi.

 

Stéphanie TOLLET

 

Photos :

Les photos d’élèves accompagnent les témoignages.

Astrid Désirée, enseignante et coordonnatrice du dispositif « Parcours individualisé » au lycée Gerty Archimède, Eliettee Nolsen, assistante d’éducation et enseignante et Stéphanie S., assistante d’éducation, sont toutes les trois très impliquées dans l’aide et les solutions proposées aux élèves en grande difficulté scolaire ou en voie de décrochage.