« Aux arbres, citoyens ! »

Ce pourrait être le cri de ralliement des collégiens de Carnot, sur le pied-de-guerre pour offrir le meilleur accueil possible à la délégation européenne. A l’occasion du projet Comenius, financé par l’Agence Européenne Formation Education, l’établissement a noué un partenariat scolaire avec 5 établissements européens de Pologne, Lituanie, Espagne, Allemagne et Belgique, l’école coordinatrice.

Le projet intitulé « Rien ne se perd…tout se transforme ! Pour un recyclage citoyen » s’échelonne sur deux années et a pour objectif majeur de développer l’éducation au développement durable et plus particulièrement de sensibiliser au recyclage des déchets.

La première année est une année d’enquêtes, d’interviews et de reportages pour mieux comparer les pratiques locales, nationales et internationales, avant de s’intéresser plus spécifiquement à la question de la valorisation du déchet. Des rencontres régulières entre élèves et enseignants sont prévues dans chaque pays pour faire le point sur les activités menées. La Guadeloupe, représentant la France, était le premier hôte ; ouvrant la voie –verte- vers une écocitoyenneté internationale.

Les 35 élèves éco-délégués, volontaires et issus de la 6ème à la 3ème, conscients des enjeux et fiers de représenter leurs camarades, avaient travaillé dur pour offrir une belle réception le lundi 26 Novembre aux visiteurs étrangers.
Après un discours d’accueil par le chef d’établissement M. Sainsily, les délégués européens ont fait la connaissance du personnel du collège, et notamment de l’équipe de 5 enseignants engagés dans le projet.

Escortés par les deux enseignantes responsables de l’atelier, Mmes Barsacq-Ride et Gayot, les visiteurs ont pu admirer le Jardin Créole et saluer les efforts de l’établissement en matière de compostage et de tri sélectif.
Ce fut l’occasion aussi d’échanger avec les partenaires du développement durable en Guadeloupe. Qu’ils soient de l'académie ou privés, beaucoup des acteurs du projet étaient conscients de la nécessité d’accompagner la jeunesse guadeloupéenne dans cet effort collectif de sauvegarde de la nature.

Sous les regards tantôt envieux tantôt choqués des Européens, les élèves, encadrés par leurs enseignants Mme Nithila et M. Bagghi, ont ensuite présenté un diaporama sur l’île : alternant paysages spectaculaires et photos de décharges sauvages, les écodélégués ont fait un état des lieux trilingue sur les paradoxes de notre île.

Enfin, la petite troupe de l’atelier créatif, encadrée par Mme Claude, a présenté une fiction d’anticipation sur l’avenir de notre planète, entièrement écrite et jouée par les élèves : que se passera-t-il si rien n’évolue sur Terre ? Quel monde allons-nous laisser pour les générations futures ?
Toutes les réponses ne furent pas trouvées, mais ce fut là l’occasion de réfléchir, aussi, en citoyens du monde de demain.

L’enquête et la réflexion se sont poursuivies l’après-midi avec la venue au collège d’un environnementaliste, M. Sessa. Présentant un court extrait de son enquête en guadeloupe, Gwadita, l’homme de la Nature a lancé le débat, haranguant aussi bien les enseignants que les élèves sur la pratique du recyclage dans l’île-papillon. L’occasion, aussi, d’une comparaison entre établissements partenaires : alors, la Guadeloupe, mauvaise élève ?

Certainement retardataire, a nuancé M. Poncet du service Risques, Energie, Déchets de la DEAL- mais bien des éléments et dispositifs sont en cours. La configuration de l’île appelle une gestion spécifique des déchets, mais toute la responsabilité n’incombe pas aux institutions, a-t-il rappelé. Encore faut-il que les citoyens soient responsables et adoptent les bonnes pratiques. Les éco-délégués, sont donc plus nécessaires que jamais !

Se mettre vite au vert….
Le Mardi 27 Novembre fut consacré aux enquêtes de terrain. Les éco-délégués, leurs enseignants et les délégués européens ont pu bénéficier du bus de la Ville de Pointe-à-Pitre pour effectuer un tour d’horizon des sites majeurs.

Emblême du recyclage, l’entreprise ECODEC a permis aux élèves de découvrir la réalité du recyclage des détritus. "Qu’est-ce qui est trié ?" "Quels éléments sont enfouis ou sélectionnés et pour quel motif ?…" Voilà quelques questions qui ont pu trouver des réponses concrètes, parfois à la grande surprise des élèves. "Vraiment, c’est enfoui sous terre ?" "Mais ça devient quoi après ?", s’étonne l’une, tandis que l’autre ouvre de grands yeux en apprenant que certaines balles de papier et carton partent, après des semaines en mer, jusqu’en Chine!
Mais se débarrasser des encombrants n’est pas tout ; il faut d’abord valoriser : des pneus recyclés à 95 %, des détritus servant à fabriquer des dalles à Ecodec ou encore du terreau et du compost, comme à Sita Verde, spécialisée dans les déchets verts. Lors de cette seconde visite, les éco-délégués découvrent les enjeux cachés derrière la revalorisation et la necessité que chacun mette la main à la tâche. "C’est un peu ce qu’on fait aussi au collège, avec le compost", réalise Johanna.

Dernier point de chute : la déchetterie de Saint-François. Guidés par Mme Quilin, les éco-délégués révisent les bons gestes.

A nouveau, la "brigade verte" sera bientôt en patrouille dans le collège !

Tessa Claude
professeur référent
collège CARNOT

 

Pour suivre les travaux des élèves : http://comenius41314.blogspot.be/