Qui était Rémy NAINSOUTA
 
 

Rémy Nainsouta est né à Saint-Claude le 1er octobre 1883,  un mois après un fait d'importance capitale : l'inauguration à Pointe-à-Pitre du Lycée Carnot, « Le Lycée de la Guadeloupe ». 

Lors de son discours d'inauguration, le 1er septembre 1883, Alexandre Isaac, directeur de l'Intérieur, déclarait en effet : "deux grandes forces représentent (partout où la violence primitive n'est pas restée la loi suprême) les  principaux agents du mouvement social : le travail et l'instruction".

Après le Certificat d'Etudes Primaires et muni d'une bourse, Rémy Nainsouta entre à Carnot pour y poursuivre ses études secondaires. Après le baccalauréat réussi avec la mention "très bien", il présente avec succès  le concours d'entrée à l'école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort en octobre 1901. Quatre ans plus tard,  le 22 juillet 1905 il sortira dans les premiers rangs. On le retrouve stagiaire, à l'Ecole d'Application de cavalerie de Saumur qu'il termine avec le grade de sous-lieutenant.

En 1907, il présente le concours d'Inspecteur vétérinaire des viandes de la ville de Paris et en 1910 il épouse Valentine Candassamy, une compatriote institutrice.

Il est affecté en Martinique où il y restera jusqu'en 1912 comme chef du service zootechnique.

Cependant sa carrière se déroulera entièrement en Afrique où il a laissé un grand souvenir, notamment au Sénégal puisque son nom a été donné à l’amphithéâtre principal de l’institut scientifique de Saint-Louis, à une avenue et à tout un quartier de cette ville.

En avril 1914 il arrive au Sénégal.  Il sert successivement en Mauritanie de 1917 à 1919 comme chef du service zootechnique, puis à Saint-Louis (au Sénégal) de 1923 à 1934 à titre civil (ayant démissionné le 28 mars 1923 du cadre des officiers de l'armée) et enfin au Soudan (aujourd'hui le Mali) de 1935 à 1938 où il est nommé chef des services vétérinaires et directeur de l'école vétérinaire de Bamako. Il prend sa retraite en 1938 avec le grade d'inspecteur général vétérinaire de l’Afrique Occidentale Française.

En 1938, c’est le retour au pays natal ; Nainsouta a alors 55 ans. Il s’installe à Saint-Claude.

Le 3 Septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne :  la France est occupée. L’Emile Bertin arrive à la Martinique le 24 Juin 1940 et le Jeanne d’Arc le 10 Juillet à la Guadeloupe. C'est le gouverneur Sorin qui dirige alors la Guadeloupe (jusqu'en 1943).

La Guadeloupe est coupée de la Métropole et doit vivre sur ses propres ressources. Le 3 Mai 1941, Nainsouta donne une conférence à Basse-Terre où il analyse la situation paradoxale de l’île que l'on peut résumer ainsi en substance : beaucoup de misère au milieu de ressources naturelles abondantes. Il exhorte donc les guadeloupéens à mieux exploiter les ressources locales. Cette conférence sera interdite par l’envoyé du gouvernement de Vichy, inspecteur des colonies, investi de pouvoirs extraordinaires. Il revient sur ces mêmes thèmes en 1946 dans une conférence intitulée « Nos trésors bloqués » et encourage les guadeloupéens à s’organiser, à se regrouper et à fonder des sociétés par action afin d’investir sur place pour un meilleur développement de leur pays.

En 1945, élu à la tête de la municipalité de Saint-Claude, il va moderniser le réseau routier, doter la commune d’installations modernes, de bibliothèques… La mairie sert ainsi de cadre à de nombreuses manifestations culturelles.  En septembre 1945, les Floralies organisées par la jeune association "Renaissance " sont un triomphe à l'occasion d’une journée de commémoration  en l'honneur de Delgrès et ses compagnons.

Rémy Nainsouta était un homme de large culture et un humaniste. En 1943, il fonde l'hebdomadaire Liberté dans lequel il publie des articles vifs, ironiques, denses, sous le pseudonyme de « Bim ». Défenseur de la langue créole, il prononce le 6 avril à Basse-Terre une conférence sur la langue créole et ses origines. Il participe avec d’autres : Gaston Bourgeois, Fortuné, Lative à la création de l’Académie des Antilles (l’ACRA).

Sur le plan politique, Rémy Nainsouta est un progressiste. Sa vie se confond avec le combat anticolonialiste. Il participe, en mai 1958, au colloque sur l’assimilation organisé par la Revue guadeloupéenne. En 1959, il préside la "Journée des Intellectuels Communistes" marquant la prise de conscience par les guadeloupéens de l’origine historique, sociale et culturelle de la collectivité humaine à laquelle ils appartiennent. Il est partisan convaincu de la nécessité d’un changement de statut. Il se rapproche du parti communiste guadeloupéen après le référendum de 1958 sur "le devenir des possessions françaises d’outre-mer": le OUI l’emporte largement dans sa propre commune alors qu’il fait campagne pour le NON.

En 1965, frappé par la maladie, il renonce définitivement à toute activité politique . Il s’éteindra le 29 janvier 1969 à Saint-Claude.

***

Le samedi 1er décembre 2001, le Comité Commémoratif Rémy Nainsouta invitait la population de Saint-Claude et des environs à la cérémonie de la pose du buste de Rémy NAINSOUTA , au square « Bélizaire » à Saint-Claude.

A 8h30 les invités ont été reçus par le président du Comité Commémoratif Rémy Nainsouta, Mr Sémiramoth et ses collaborateurs. La manifestation s'est ouverte sur  une conférence donnée au Centre Socio-Culturel  par Madame Nora Chevry, Historienne et Professeur à l’université des Antilles et de la Guyane, évoquant Rémy Nainsouta, l’homme politique et l’humaniste.

Après cette conférence, les invités, les représentants du Collège Rémy Nainsouta ainsi que les élèves se sont rendus au square Bélizaire pour la levée du voile.

Plusieurs allocutions ont été prononcées : d’abord le Président du Comité M. Sémiramoth a relaté la vie de Rémy Nainsouta, ensuite, M. Gillot et M. Larochelle, ses amis proches, ont fait le récit de l’amitié qui les a lié durant de longues années, puis se sont exprimés le Maire de Saint-Claude, M. Simon Barlagne, et le sculpteur, M. Arékian.  

Après la levée du voile, les invités, amis et parents de Rémy Nainsouta ont été conviés sur la place de la Mairie au pot de bienvenue. Le collège Rémy Nainsouta a tenu à marquer sa présence lors de cet événement. Etaient présents :   M. DECHOSAL, Le Principal,  Mr PICHON, Le Principal adjoint, Mme FLEURIVAL, Professeur de Technologie, M. DOLLIN, Professeur de SVT,  les élèves de la 4e NTA, les  journalistes de « Zoom sur Nainsouta » et M. NIRHOU, Aide-éducateur et coordonnateur des journalistes.